vendredi 18 mai 2018

Ateliers ouverts 2018 à partir du 18 mai !

J’ai été invitée par Fred Chevalley pour les ateliers ouverts 2018, ça commence dès ce soir et ça dure 2 week-end ! Alors, venez découvrir son travail, celui de Valentin Michaut et 3 de mes œuvres au 19, Bd de Nancy à Strasbourg, Atelier Sol.F.Air.
Je serai présente sur place les 26 et 27 mai et, le 26 mai à 19h, vous pourrez entendre les Histoires secrètes de la bouche d’en bas, dans un décor créé spécialement pour l’occasion !
Plus d’info par ici


vendredi 16 mars 2018

Position Libre et week-end de l'art contemporain du 16 au 18 mars

Position Libre, l'exposition continue jusqu'au 8 avril, vous pourrez y découvrir Diplopie à 3 mains et Isoloir, deux œuvres inédites




Et pour le week-end de l'art contemporain, il y a un même un bus au départ de Strasbourg le 18 mars, avec un circuit d'art contemporain qui passe par le Séchoir

http://www.lesechoir.fr/week-end-de-lart-contemporain-grand/

A écouter l'émission de MNE sur le spectacle et l'exposition

https://www.mixcloud.com/radio-mne/tribulationsfrancine2mars2018/


mardi 13 février 2018

Invitation exposition Position libre au Séchoir du 24/02 au 8/04

Exposition collective à découvrir absolument...
 J'y expose une installation, Isoloir et une photographie, Diplopie à 3 mains
Vernissage le 23/02 à partir de 18h30
Pour l'occasion, vous pourrez entendre les Histoires secrètes de la bouche d'en bas à 20h
Venez nombreux !!!




Affiche OTO, à partir d'une photo de Camille Moravia 

Plus d'informations :



























jeudi 14 décembre 2017

Paroles de sorcières, le spectacle



Paroles de sorcières vous emmène dans l'univers étrange et magique des femmes de la forêt, là où tout peut arriver, là où se parlent des langues étranges, là où tout peut s'imaginer...

Contes : Eurgen 
Création musicale, piano, chant, ukulélé : Justine Bahl 
Scénographie : Gaël Chaillat 
Ecriture : Eurgen, Justine Bahl

samedi 2 décembre 2017

On est tous égaux même les femmes, ép. 11: 60 h par semaine

L'autre soir, j'étais invitée à une soirée chez des amis, il y avait un homme, sa femme et leurs enfants (petits, très petits), que je connaissais à peine.
Lui exerce une profession libérale, il est médecin spécialiste.
A un moment, nous avons parlé de l'hôpital public, et de ses salariés, qu'on appelle aussi fonctionnaires. Cet homme connait bien l'hôpital public, puisqu'il y a été formé pendant de nombreuses années, comme tous les médecins français. Et puisqu'il y exerce encore à l'occasion, mais pas pour faire "des actes", précise-t-il car cela ne l'intéresse pas (sic)...
Il a ajouté qu'il n'y avait plus de différence entre privé et public de nos jours. " Un titulaire d'un BTS qui fait des sites internet gagne autant qu'un infirmier" a-t-il ajouté.
Et moi de m'insurger, justement, je ne trouvais pas ça normal, l'infirmier a fait plus d'études et a plus de responsabilités. Il a fait la moue sur la question de la responsabilité.
Alors j'ai donné un exemple. Je ne me sentais pas très à mon aise, un peu en-dessous de lui, il y a des gens qui nous font nous sentir en-dessous, on ne peut pas expliquer pourquoi. Je n'ai donc pas parlé de mon propre travail auprès des patients, comme si j'intégrais moi-même le fait que mon travail n'était pas assez important pour que je sois en responsabilité. Non, j'ai parlé d'un ami homme (sic) qui pratiquait des actes très techniques à l'hopital, actes qui pouvaient avoir des conséquences vitales. Mon interlocuteur a eu un vague sourire. J'ai conclu en disant que, quand même, on n'était pas très bien payé pour ce qu'on faisait.
Là,son sourire s'est étendu, il était content de lui : " je gagne bien ma vie il faut le dire mais moi je travaille 60 h par semaine... quand on travaille 35 heures..."
(Tiens prends ça dans ta face petite)
Puis il a enchainé sur l'hôpital qui était "foutu" car on ne s'intéresse plus qu'à "faire des actes" pour ramener de l'argent...
Déjà c'est connu une fois prononcé le nombre 60, pour qualifier le temps de travail,  tout le monde doit se taire à jamais et s'incliner
Bon réfléchissons à ce seuil fatidique des 60 heures et faisons un peu de mathématiques.
60 divisé par 5 = 12 donc ce monsieur travaille 12 heures effectives par jour. Si on considère que sa journée commence à 8 h, 8+12 = 20, ce à quoi on ajoute un pause déjeuner d'une heure, 20+1 = 21 h. Ce monsieur travaille donc du lundi au vendredi de 8h du matin à 21h, si l'on ajoute 30 min de trajet par jour (c'est le minimum), il part de chez lui à 7h45 et rentre à 21h15.
Et pendant ses journées, que fait-il ? Admettons qu'il passe 20 min avec chaque patient, cela fait 3 patients par heure, et 12*3 = 36 patients par jour, soit 36*5 = 120 patients par semaine, soit 120 actes par semaine. Bien sûr, il y a la variable d'ajustement de l'administratif, du téléphone, des impondérables, et comme il fume, de ses pauses cigarettes. Donc arrondissons à 100 actes par semaine.
Je vous laisse le soin de calculer le salaire du capitaine.
Donc, voilà  à quoi ressemble 60 h de vrai travail (contre 35 h de faux travail). Partir à 7h45 de chez soi, rentrer à 21h15 et faire 100 consultations par semaine. Pour préciser un peu, dans sa spécialité il ne pratique pas d'actes techniques.
Déjà, c'est bien curieux toutes ces consultations, puisqu'il s'élève contre "faire des actes", or la consultation est considérée comme un acte médical, et c'est cela qui fait rentrer l'argent. Alors les fait-il vraiment ces 100 actes semaines ? Travaille-t-il réellement 12 h effectives par jour ? Nous ne le saurons jamais. Car tout cela est impossible à vérifier. Mais comme le fantasme des 60 heure oblitère tout le reste ça n'a pas d'importance. Il a raison et moi j'ai tort. Lui il sait ce que c'est de travailler et moi je suis une petite joueuse.
Ah, mais j'oubliais, il a une famille. Pas simple avec de tels horaires ?
Bon pour ça, ne vous inquiétez pas, l'affaire est réglée. Sa femme travaille à temps partiel pour pouvoir s'occuper des enfants. Et où travaille-t-elle ? A l'hôpital justement, c'est pratique pour avoir un temps partiel. Et qu'est-ce qu'elle en a dit de tout ça elle ? Ben rien, elle était occupée avec les enfants, elle n'a pas entendu la conversation.
La boucle est bouclée.
Et surtout moi, et tous les autres, on n'a qu'à se la boucler devant les 60 heures par semaine.
Bon, me direz-vous tout cela n'a rien à voir avec le fait que ce médecin soit un homme.
Peut-être. Mais pour l'instant aucune femme ne m'a encore parlé comme ça.
Mais ça peut venir. Et là on pourra dire qu'on s'est mis à niveau.
Pour le meilleur et pour le pire.




Pour Emilie... Il vaut toujours mieux en rire...


Installation Paroles de sorcières, mai 2017

Extrait vidéo de l'installation Paroles de sorcières, Espace K, Strasbourg, mai 2017 :
Sorcières, Série photographique en mouvement, 10'55 (dimension 4*3 m) 
Bûchers, Vidéo, 10'31 , mapping sur carton



Photos du spectacle dans l'installation, avec Justine Bahl :




samedi 30 septembre 2017

On est tous égaux même les femmes, épisode 10 : Le médecin de famille

J'avais un médecin généraliste. Le même depuis des années. C'était mon médecin de famille comme on dit, je l'aimais bien. Et puis un jour à la fin d'une banale consultation, il m'a dit froidement : "C'est la dernière fois qu'on se voit" "Ah ?" "Oui, je pars travailler en Suisse, au revoir Madame."
Je ne l'ai jamais revu...
Seulement moi et ma famille, on a vite eu besoin d'un médecin généraliste.
On m'en a conseillé un, sérieux, en plus dans un cabinet où il y en a plusieurs, ce qui est vraiment pratique, le Dr M.
Va pour le Dr M. Je suis allé dans le cabinet. Je n'ai fait sa connaissance qu'à la 3ème consultation, avant, j'ai rencontré deux fois son interne (stagiaire médecin pour les non-initiés) et une fois une de ses collègues.
Je ne me souviens pas précisément de la première rencontre à vrai dire... Je me souviens de son allure, un homme de la belle cinquantaine, sportif très certainement, chauve dissimulé sous un crâne rasé, bonne vêture un peu branchée, il parlait assez fort et m'a semblé un peu familier mais c'était supportable.
Je me souviens qu'il avait tendance à banaliser tout ce que je disais, à atténuer les symptômes, à faire semblant d'écouter. Mais cela ne me dérangeait pas car je voyais plus souvent ses internes que lui.
Un mardi à 4h du matin, mon fils s'est réveillé avec une énième laryngite. La laryngite, c'est une toux aboyante très caractéristique comme un chien, un risque de gonflement du larynx et d'étouffement et un seul traitement : les corticoïdes. Presque n'importe qui peut faire un diagnostic de laryngite.
A 4h, j'ai donc donné le traitement, me suis occupée de mon fils jusqu'à qu'il aille (un peu) mieux, je n'ai plus dormi et, à 8h30, nous nous sommes rendus chez le Dr M.
Ce jour-là, il accueillait une nouvelle interne très jolie. Elle était assise derrière le bureau avec lui pendant qu'il faisait la consultation. On voyait bien qu'il était content le Dr M., il souriait, il avait l'air un brin excité et fier de lui.
Moi et mon fils, on était de l'autre côté du bureau, moi pas maquillée avec des cernes et mon fils tout pâle et silencieux.
"Alors ?" m'a-t-il demandé
"Je viens parce que mon fils a une laryngite"
"Alors ça j'adore ! " m'a-t-il coupé en ricanant "J'adore les patients qui font des diagnostics" a-t-il commenté vers la jolie interne qui a rougi.
Je ne sais pas si c'était la fatigue mais j'avais l'impression qu'il venait de poser ses testicules sur le bureau.
"Et donc ?"
"Je lui ai donné des corticoïdes" ai-je répondu.
"Des corticoïdes !!! Vous vous rendez compte que c'est un traitement fort. Ce n'est pas n'importe quoi !" Puis il s'est tourné vers l'interne d'un air entendu t'as-vu-celle-là-elle-se-prend-pour-un-médecin. L'interne a souri bêtement. Les testicules sur le bureau ont grossi. Je n'osais plus rien dire.
Il a enchainé : "Bon voyons ça"
Il a examiné mon fils "Ah la gorge est bien rouge quand même." Mon fils s'est mis a tousser,  on aurait dit un chien en train d'aboyer.
Un ange est passé emmenant les testicules avec lui....
"Bon laryngite" a-t-il annoncé. Il s'est rassis derrière son bureau vide. Il était un brin désagréable, il ne regardait plus l'interne et me toisait.
"Bon le traitement ce sont des corticoïdes... Vous avez donné combien ce matin ? "
"20 mg"
"Continuez pendant 3 jours, oui, faites ça ! Autre chose ?"
Je me sens fatiguée... Mon fils tousse. J'ai l'impression qu'on a tous les deux 9 ans.
"Oui il me faudrait un certificat pour mon employeur"
Il me regarde de tout en haut. De nouveau, j'ai l'impression de voir ses testicules sur le bureau. C'est un bien étrange phénomène.
"Ah oui bien sûr comme ça vous pourrez faire bleu*." Il est tout content de nouveau, il se tourne vers l'interne puis rédige son papier
Là, je ne sais pas pourquoi, je commence à me justifier. "J'ai pu m'arranger pour cet après-midi mais pour ce matin je ne pourrai pas aller travailler." J'ai vraiment l'air piteuse d'une ado dans le bureau du CPE.
Il triomphe au-dessus de son papier. Il me tend le certificat.
"Allez voilà un bleu pour le travail." Il me fait un clin d'oeil. "Un bleu !" répète-t-il à l'interne qui est toute rouge.
Les testicules sur le bureau deviennent gigantesques et menacent de nous engloutir moi, l'interne et mon fils. Elles nous poussent dehors. "Allez bonne journée Madame"
Nous fuyons avec mon fils sans un regard pour les testicules. Ouf, enfin dehors, nous sommes sauvés, même si je m'inquiète un peu pour l'interne.

Je n'ai jamais revu le Dr. M.
Ni ses testicules.
Et j'ai trouvé un autre médecin de famille.

*Faire bleu : Faire l'école buissonnière http://www.langue-fr.net/spip.php?article17

Pour M....n, qui m'encourage à écrire !

mercredi 20 septembre 2017


 Avis aux bretons !

Venez retrouver Paroles de sorcières dans le cadre de Kizellan du 23 septembre au 8 octobre 2017 au presbytère de Mellionnec dans les Côtes d'Armor, mon village natal !!!
http://www.kizellan.fr/

Paroles de sorcières
(Dans le jardin)
Que nous racontent aujourd'hui ces femmes qui vivent à l'écart du monde, sans hommes ni protecteurs? Elles semblent libres, mais à quel prix ? Qui sont les sorcières des contes ? Pourquoi vivent-elles seules? Sont-elles des mères égarées ? Des belles perdues ? Pourquoi volent-elles les enfants ? Inquiétante, attirante, tantôt laide, tantôt belle, mangeuse d'enfant, voleuse de bébé, guérisseuse, marraine maudite, parfois femme ressource : cette série photographique vient explorer la figure féminine de la sorcière.

Casper 26
(Dans le Presbytère)
Petite il y a longtemps, je vivais dans un monde peuplé de livres et de leurs habitants.
Fantômes et esprits marchaient dans mes pas. Plus tard, j'ai cru qu'ils m'avaient quittés. Jusqu'au jour où...
Casper 26 est une série (inachevée) de portraits d'enfants qui laisse toute sa place à l'étrange, au merveilleux, à l'inquiétant, à ce que l'on ne voit pas et que l'on craint d'imaginer. C’est une tentative de retrouver le monde élastique de l'enfance.

Je serai présente sur place le week-end du 7 et 8 octobre et je vous propose une ballade contée dans l'exposition le samedi 7 octobre à 15 h et à 18 h.
Attention jauge limitée, contes tout public à partir de 7 ans.
Au plaisir, n'hésitez pas à en parler autour de vous !

Eurgen

lundi 11 septembre 2017

On est tous égaux même les femmes, épisode 9 : les Anonymes du Net

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles du monde et de ses habitants, il est plus que temps que je vous parle d'une espèce en voie d'expansion rapide, même si elle ne se reproduit pas : l'Anonyme du Net.

Cher Anonyme, qui que vous soyez, cet article est pour vous, en votre honneur, car j'ai pu vous rencontrer vraiment il y a quelques temps et vous comprendre un peu mieux.

Tout a commencé un lundi matin de mars, j'ai reçu des notifications comme quoi un certain Anonyme avait commenté plusieurs de mes articles de la série On est tous égaux même les femmes, la veille au soir, commentaires en attente de modération de ma part, je vous les livre tels quels :

"Est-ce une tentative de roman à velléités féministes un peu usées ? " sur LE chef et... LA chef

"Ce n'est pas en appliquant à l'autre un vocabulaire que l'on déplore pour soi que le problème peut se résoudre.C'est faire preuve de bien peu de réflexion que de raisonner ainsi.Le jugement moral est toujours présent. Ça rime à qui ? Ça mène à quoi? c'est au mieux une tentative de vengeance, surement pas le chemin vers l'égalité " sur La pute et la sémantique

J'ai commencé à réfléchir à la question de les publier, ce qui m’ennuyait un peu, c’était l'anonymat, mais bon pourquoi pas...
Seulement dans l'intervalle de ma réflexion j'ai reçu trois autres commentaires tout frais, les voici :

 "Que de rancœur!! Es-tu mal accompagnée? par quelqu'un qui qui refuse de faire la soupe.... ou pas accompagnée? " sur La cérémonie des Hopl'Awards
 
"Quel intérêt d'appliquer aux autres ce l'on déplore pour soi? vengeance? ressentiment? "sur La pute et la sémantique
 
 "T'as un problème avec les hommes? Il y a autant de sortes d'hommes que de femmes... Ton approche est réductrice et surtout stérile" sur Le café branché et la branche de céleri
 
Dites donc, cher Anonyme, voici que vous me tutoyez, plus encore voici que vous devenez un brin désagréable, voire que vous me jugez. 
Là, j’étais plus trop partante pour publier tout ça, ni pour vous répondre d'ailleurs.
Car, cher Anonyme, j'ai fini par comprendre une chose, que ce soit dans la rue ou sur le net, quand un homme ou une femme commence à vous chercher des noises, mieux vaut passer son chemin et ne pas répondre.
Comme dans les contes : Si je vous parle, je tombe en votre pouvoir.
 
Donc j'ai décidé de me taire et j'ai laissé filer l'affaire.
 
Seulement deux jours plus tard, vous êtes revenu à la charge avec deux nouveaux commentaires, cette fois en votre nom. 
Surprise 1 : vous êtes un homme. 
Surprise 2 : vous venez de vous abonner mon blog, Google me l'a dit.
Voici déjà les commentaires, de nouveaux sur la pute et la sémantique (votre  article préféré me semble-t-il) :
 
"C'est très peu réfléchi de penser l'égalité par ce biais. Ça ressemble à un règlement de compte. Pourquoi tant de haine pour les hommes? Certains t'ont fait du mal? "

 "C’est très peu réfléchi comme chemin vers l'égalité. Imposer à l'autre ce qu'on lui reproche est stérile. Pourquoi tant de haine des hommes ? "
 
Alors cher Anonyme (enfin plus vraiment pour moi)
Vous qui vous passionnez pour ce que j'écris sur mon blog
Vous qui commentez ce que j'écris
Vous qui êtes même abonné à mon blog
Vous qui me tutoyez
Vous qui me parlez sans cesse de haine

J'ai aujourd'hui une simple question :

A quoi bon lire un blog qui vous déplaît tant ?

Le monde est grand et Internet plus encore. Alors, allez en paix, vous trouverez ce que vous cherchez un peu plus loin certainement.

De plus, sachez, cher Anonyme, que je suis incurable, que mes paroles et mes opinions m’appartiennent, même si elles sont publiées sur Internet, que je ne changerai rien ni sur le fond, ni sur la forme.

Heureusement, deux jours plus tard, cher Anonyme, vous vous êtes répondu à vous-même.
Via le formulaire de mon blog, j'ai reçu ce message :

"A quoi bon écrire des commentaires s'ils ne sont jamais publiés ? " 

Ainsi vont les Anonymes du Net*, ils ne font que se répondre à eux-même.
Une fois l'affaire faite, ils retrouvent la paix et passent leur chemin.
Tout est bien qui finit bien...




*Attention de nombreux Anonymes du Net sévissent sous un pseudo, voir en leur nom propre, comme si Internet avait le pouvoir d'effacer leur identité véritable. C’est sûrement le paradoxe le plus incroyable de ce siècle. Imaginez vous en train de marcher dans la rue avec un badge à votre nom, puis vous vous mettez à commenter ce que font les passants, à les critiquer, à les insulter parce que leur tête ou leur comportement ne nous revient pas...


 

mercredi 24 mai 2017

Les Histoires secrètes de la bouche d'en bas, du 23 au 27 mai 2017 à l'Espace K


Venez découvrir les Histoires secrètes de la bouche d'en bas, un spectacle poétique et réjouissant ! Tous les soirs à 20h30 !


Installation Paroles de sorcières : jusqu'au 27 mai 2017 !


Plus que quelques jours pour découvrir en live et en HD grand format l'installation Paroles de sorcières !
Ouverture de mercredi à samedi de 15 h à 19 h et le soir avant et après les spectacles.
http://www.espace-k.com/
www.eurgen.fr

samedi 13 mai 2017

Paroles de sorcières du 18 au 27 mai 2017





Vernissage le jeudi 18 mai à partir de 18 h à l’Espace K
10, rue du Hohwald à Strasbourg, entrée libre.

L'exposition sera accessible au public du 19 au 27 mai de 15 h à 20h30 
(sauf le lundi), l'entrée est libre.
Vous pourrez entendre les paroles des sorcières les 20 et 21 mai à 15 h et 17 h : Performance contée dans l'exposition, durée 50

min, pour les femmes, les hommes et les enfants à partir de 8 ans (attention, ce n’est pas un spectacle jeune public), tarif unique : 7 €
Réservation Espace K 
03 88 22 22 03





dimanche 18 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 8 : la pute et la sémantique

Celle-ci sera brève, c'est bientôt Noël, on n'a pas trop le temps de changer le monde.
J'ai très souvent entendu dans la bouche des hommes (et même de certaines femmes) dire à propos d'une femme qui a des relations avec au moins deux hommes, soit de manière rapprochée, soit au même moment que c'est une pute.
Pourtant, on sait bien qu'une pute, ou moins vulgairement une prostituée, c'est une femme qui se fait rétribuer pour avoir des relations sexuelles.
C’est pourquoi d'autres préféreront employer à l’égard de cette même femme le terme de salope, qui celui-là n'induit pas de relation d'argent et implique de la part de cette femme une duplicité perverse supplémentaire. Oui, elle le fait par plaisir.
A ne pas confondre avec le versant masculin, le salaud est un homme qui fait souffrir particulièrement une seule femme, en général en la quittant pour une autre. Il est entendu que la femme quittée ne peut pas se remettre de cette perte immense.
Salope et salaud n'ont pas les mêmes significations. C'est troublant. Et discriminant.
Tout le monde sait qu'un homme qui des relations simultanées et/ou rapprochées avec au moins deux femmes, est appelé un séducteur, un coureur de jupon, un homme à femmes
Personnellement, on ne m'a jamais parlé de femme à hommes. Mais il n'est pas exclu que ça existe.
Les mots sont puissants. Ils ordonnent notre pensée et notre monde.
Et je viens de découvrir avec stupéfaction, en ce quatrième dimanche de l'Avent, que le mot pute ne s'applique qu'aux femmes.
C'est pourquoi en cette veille de Noël, je propose bien fraternellement de réparer cette injuste discrimination. 
Oui, je suggère qu'on puisse, nous aussi, abuser le langage.
Et qu'enfin on puisse dire à propos d'un homme qui a des relations nombreuses et multiples avec plusieurs femmes (ou hommes) que c'est :
un pute
un gros pute
un sale gros pute.

Voilà, joyeux Noël.
Liberté, égalité et fraternité dans votre bouche et votre cœur.



mercredi 7 décembre 2016

Le croquemitaine et la démocratie, des nouvelles du monde




Tu m'entends ? Dis tu m'entends bien, je dois te parler, c’est le moment...
C'est évident maintenant tu connais bien la démocratie, je ne te ferai pas l'affront de te l'expliquer à nouveau.
Mais le croquemitaine tu le connais ?
Tu sais, il se cache sous le lit des petits enfants comme toi, dans des lieux glauques et sombres. Papa et maman t'ont prévenu, le monstre est affreux, féroce, étrange, venu d'un autre monde, il viendra t'emporter, te dévorer et que sais-je encore, si tu n'es pas sage.
Tu n’es pas bien sûr que tu as été suffisamment sage, tu as peur chaque soir quand tu dois te coucher, et tu as peur aussi dans les lieux sombres et inconnus qui peuplent le monde.
Alors tu demandes à tes parents de te protéger.
De vérifier qu'il n'y a rien sous le lit, de laisser la lumière allumée, de fermer la maison, de surveiller ta chambre la nuit.
Tu as confiance en tes parents. S'ils disent que le monstre est là c'est qu'il est là. Papa et maman sont là pour toi. Ils n'ont aucune raison de te mentir. D'ailleurs ils t'ont dit que mentir c'est mal.
Tu te tiens tranquille, tes parents règnent sans partage sur la maisonnée. Au besoin, si tu n'es pas sage, les parents convoquent le monstre et tout rentre dans L'ORDRE.
....
Mais, maintenant, tu sais bien qu'il n'existe pas le croquemitaine, tu es un adulte. Tu sais raisonner, comprendre, parler. Tu es informé de la nature du monde. Tu es cartésien. Tu es sage. Tu aimes les gens.
Tu peux dormir tranquille. 
Mais tu regardes quand même sous ton lit.
Tu as entendu dire partout, tout le temps, qu'il s'y cachait tant de monstres velus et assoiffés de ton  sang, de ton argent, de ta maison : des réfugiés, des fraudeurs, des immigrés, des femmes, des terroristes, des avorteurs, des jeunes de banlieue, des fonctionnaires, des allocataires, des intermittents du spectacle, des accidents de voiture, des cancers mortels, des chômeurs, des feignants, des profiteurs...
Ils sont là, tapis, prêts à sortir quand la nuit sombre s'étendra sur notre pauvre monde. 
C'est vrai bien sûr, tes autres parents, ceux de la nation, te l'ont dit. Et tu sais de source sûre que ce ne sont pas des menteurs. Parce c’est mal de mentir.
Mais ce qui est rassurant c’est qu'ils vont prendre des mesures. Des super mesures pour ta sécurité. Et pour que tout rentre dans L'ORDRE.
Avec ça et ton Tranxène, tu dormiras enfin tranquille.
Au fait, quelle rapport avec la démocratie ? Hein ?? .....

-  Lève toi c’est l'heure ! Hein quoi, qu'est-ce que tu dis ?
- Je ne sais plus, j'ai dû rêver, j'étais en France en 2016. Il y avait des croquemitaines partout dans les rues. Quel horrible cauchemar...

Heureusement, ma mère m'a réveillée, c’est l'heure de l'école. Faut que je me dépêche, je vais être en retard.
Aujourd'hui, cours d'histoire : La chute des régimes démocratiques au 21ème siècle : le Grand Tournant du Trumpisme et les origines de L'ORDRE.
J'espère avoir une bonne note.

Rêveuse Anonyme,
France, le 7 décembre 2116.



 
 






 




Paroles de sorcières, contes pour les femmes et les hommes



Abracadabra, venez sorcières et magiciennes.

Admirez la petite qui fait ses premiers pas dans les empreintes de l'ours, elle a les yeux immenses
Elle collectionne les mots de grands
Pour plus tard
Maintenant regardez la jeune fille qui palpite pour les hommes pressés d'obtenir ses charmes
Ils ont des yeux de loup
Elle hésite

Abracadabra elle s'est mise contre toi
C'était tellement simple que ça lui a fait peur
C'était un coup du sort
Elle est restée là, pendue à toi

Abracadabra venez sorcières et magiciennes
Voyez la femme pressée derrière ses enfants qui porte en chagrin la jeune fille passée
La colère gronde la sorcière arrive dans son ventre

Abracadabra la femme fait des rêves, elle connaît les sorts et les envoûtements des hommes et des femmes
Absorbe leurs secrets
S’inhibe de leur peine
Ils sont nus pour elle
Et elle, la sorcière, danse nue la nuit, c'est bon et drôle

Abracadabra le temps passe de sorts en sorts
On vient de loin pour voir la guérisseuse
Le temps passe et l'absorbe petit à petit

Et maintenant, qui es-tu vieille sorcière?
Tout ce que tu as vu, tout ce que tu sais,
Pourvu que tu ne brûles pas sur le bûcher...

Venez découvrir Paroles de sorcières en avant-première à La Ruche aux Deux Reines jeudi 8 décembre à 21 h !
C'est au 34, rue de la course à Strasbourg.




 

samedi 3 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 7 : Le café branché et la branche de céleri

Alors hier au soir, pour vous dire si c'est frais, je suis allée avec trois collègues prendre l'apéro dans un café branché de Strasbourg.
Vous savez le genre d'endroit où tout le monde est assis en bonne intelligence et en bon niveau socio-culturel à la même grande table à boire de mauvais cocktails très chers.
Assis à côté de nous, il y avait un groupe, des collègues également, des hommes et des femmes d'une quarantaine d'années. La conversation s’est engagée entre les deux hommes à nos côtés et nous trois. L'homme à côté de moi, plutôt sympathique au demeurant, s’appelait T... (Il m'a demandé de garder l'anonymat).
Ma collègue en face avait pris un cocktail dans lequel était planté, on ne sait trop pourquoi, un branche de céleri frais. Quelqu'un a demandé pourquoi elle ne mangeait pas le céleri en question. Ce à quoi elle a répondu : "beurk c'est pas bon, c’est tout mou".
Et toi, sympathique T., de lui lancer : "T'aimes pas les trucs mous, ça tombe bien..."
Bien sûr j'ai relevé. Tu étais un peu gêné quand même. Puis je t'ai dit que j'écrivais un blog au sujet des hommes et des femmes. Là, tu étais extrêmement gêné, voir honteux, tu m'as demandé de ne pas écrire là dessus et tu m'as assuré que tu étais pour l'égalité des hommes et des femmes.
A vrai dire je te crois. Tu m'avais tout l'air de quelqu'un de respectueux et plutôt sensible, pas du genre à dire ça.
Mais alors ???
Oui, alors cher T. qu'est-ce qui peut te pousser à comparer ton sexe à une branche de céleri pour séduire une femme ?
Rassure-toi, tu n'es pas le seul, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde dans des cafés branchés du monde entier ou ailleurs, d'autres  hommes comparent leur sexe à tout un tas de choses plus ou moins longues, grosses et dures dans le but de séduire des femmes.
Je me permettrais donc de te livrer ma statistique du jour : cela fonctionne dans moins de 5 % des cas
Et, cher T., ce n’est pas pas parce que les femmes ne s'intéressent pas au sexe des hommes, elles s'y intéressent beaucoup contrairement à ce que tu penses. Il paraît même que certaines, dont je suis, aiment le sexe des hommes.
Alors me diras-tu?
Alors, je vais te livrer un secret de séduction jusque là bien gardé qui t'évitera des déconvenues à venir : moins de 5 % des femmes aiment le céleri....
Mais chut...
Sur ce, je t'embrasse cher T.,
Au plaisir,

Eurgen



vendredi 4 novembre 2016

OtO n'affiche rien au Séchoir





Ot0 m'a invitée au Séchoir à participer à son exposition personnelle du 11 novembre au 18 décembre 2016.
Venez découvrir  :
Casper 26 Série inachevée
Petite il y a longtemps, je vivais dans un monde peuplé de livres et de leurs habitants, fantômes et esprits marchaient dans mes pas. Plus tard, j'ai cru qu'ils m'avaient quittés.
Jusqu'au jour où...
Vernissage en fanfare le 11 novembre à 18h30.
Plus d'informations sur Le Séchoir
L'évènement sur facebook 


mercredi 2 novembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 6 : La cérémonie des Hopl'Awards

En faisant la soupe familiale par cette belle soirée du 1er novembre, jour de fête de tous les saints, j'ai repensé à cet incroyable évènement auquel j'ai assisté samedi dernier : 
La cérémonie de remise des Hopl'Awards .
Il faut absolument que je vous raconte ça. J'adore les cérémonies et celle-là était particulièrement réussie.
Alors déjà, pour les lecteurs non alsaciens et/ou non informés, je précise qu'il s'agissait de remettre des récompenses, sur le principe des Césars ou autres Emmy Awards, à des artistes strasbourgeois dans diverses catégories (clip, musique, photo…). Le principe est plutôt drôle, cela permet de gagner un peu de notoriété, des résidences pour les artistes. Les artistes, 10 par catégories, ont été préalablement sélectionnés par un vote du public sur internet, puis la sélection finale de 3 et le lauréat ont été choisi par un jury de professionnels.
Bien, voilà donc réunies 500 personnes sur leur 31 à la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg dont beaucoup, beaucoup d'artistes de divers horizons. Crémant, lumières et musique, remise de prix, tout le monde est joyeux et un peu excité.
Pour éviter toute polémique inutile, je propose de faire abstraction du fait que sur les 12 catégories, il y avait seulement deux femmes nominées (Manuela Gross et Léopoldine HH, je les cite pour mon plaisir personnel), et aucune lauréate au final. Le public (plus de 40 000 votes, paraît-il) a voté en son âme et conscience. Certains appellent ça la démocratie.
Moi ce soir,  je voudrais parler tout particulièrement de celle qui fut à mon sens l'héroïne de la soirée, une jeune femme blonde, très, très mince vêtue d'une robe de soirée noire, bien coiffée et maquillée. Cette jeune femme anonyme (puisque nous ne saurons jamais son prénom) était chargée de la délicate et non moins périlleuse mission d'apporter aux deux maîtres de cérémonie les enveloppes contenant les noms des lauréats afin qu'ils soient dévoilés au public.

Puisque, à mon grand regret, la vidéo n'est pas disponible en replay, je vous décris la scène.
Deux hommes au micro, bien habillés, humour urbain, juste comme il faut, ce sont les maitres de cérémonie. Ils sont irréprochables et sympathiques. Et je le dis sans aucune ironie.
"Les trois nominés sont… blablabla".  Les noms apparaissent sur un écran.
Roulement de tambour. "Et qui sera le lauréat ?"
Et là, sortant des coulisses, le sourire collé au visage cette incroyable jeune femme qu'ils gratifient d'un très généreux : "Voilà Notre Hôtesse"  (sourires entendus des messieurs) " elle est célibataire" …. Elle  tend l'enveloppe sans dire dire un mot et repart sous les applaudissements et les rires.
Elle reviendra plusieurs fois Notre Hôtesse et sera gratifiée de biens d'autres sourires et remarques entendues ! Tout ça m'a trop écorché les oreilles pour que je le retienne. C'est aussi elle qui amènera le prix et la bouteille de crémant au lauréat. Et qui lui fera la bise pour le féliciter. Elle ne prononcera pas un seul mot pendant les 2 h de la cérémonie.
Mais le pire reste à venir.
Le maître de cérémonie annonce : "Et maintenant Notre Hôtesse…. Aaahh, mais non, Mesdames on a pensé à vous (sourires entendus et complices), après tout il n'y a pas de raison…"
Et là, sous mes yeux estomaqués, surgit de la coulisse un jeune homme tout raide et tout joli dans son jean moulant, le sourire vide et l'enveloppe à la main.
"Mesdames... il est est célibataire… j'ai son 06." Il tend l'enveloppe sans un mot et repart sous les applaudissements et les rires. Lui non plus ne dira rien.
Non, vous ne rêvez pas, ils ont décliné l'Hôtesse en version masculine. 
Au nom de la parité.
Alors moi devant ma soupe, là maintenant je dis haut et fort comme je le pense : c'est gentil les gars de penser à nous les femmes, c'est vrai comme on peut pas vraiment s'élever  au dessus de notre condition d'Hôtesse, vous n'avez qu'à descendre pour vous mettre à niveau. Fallait y penser, simple comme bonjour. Mais nous, on n'a pas le temps de penser à tout ça, il y a la soupe à faire.
Alors MERCI, mille fois MERCI. Je vous embrasserai bien, mais vous êtes pas là. J'ai manqué l'occasion l'autre soir.
Bon Hopla comme on dit ici, c'est pas le tout, mais ma soupe est finie. 
A table et, surtout, bon appétit.

Votre Hôtesse Dévouée.












mercredi 26 octobre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 5 : la professionnelle

Il y a quelques mois, alors que j'étais dans une impasse artistique dont je n'arrivais pas à sortir seule, j'ai décidé de prendre rendez-vous avec une professionnelle de la photographie pour ce que l'on appelle une lecture de portfolio. Dans mon idée, j'allais bénéficier de conseils, de pistes, d'un regard qui allait m'aider à avancer.
Ainsi fut fait. J'ai été reçue pour présenter mon travail.
Le verdict a été rapide et sans appel.  
Cadrages ratés, technique largement insuffisante, traitement colorimétrique mauvais, rien à sauver tant sur le fond que sur la forme. Je sais que je ne suis pas une grande technicienne mais quand même.
La professionnelle est... professionnelle. Froide et glacée, pas un sourire. Me précise qu'elle reçoit chaque jour des photographies de professionnels (eux?). Elle connait son travail. 
Dans ma tête je ne peux pas m’empêcher de penser qu'elle n'a pas l'air très heureuse, déformation professionnelle, d'habitude j'essaie de soigner les gens.
Je montre d'autres séries. Sans plus de succès. Bizarrement j'ai l'impression de rétrécir, je ne dois pas mesurer plus de 2 cm. La taille d'une vignette de planche contact.
Le couperet tombe : "Est-ce que vous vous définissez comme photographe ?"
Je ne me souviens même plus de ce que je lui ai répondu. Si quelqu'un sait répondre à une question pareille, je l'invite à me contacter d'urgence.
Au bout de 25 minutes l'affaire était pliée, j'ai pris ce qu'il me restait de dignité, je l'ai remerciée (mais pourquoi donc??) et j'ai filé sans demandé mon reste. 
C’était donc ça mon impasse, c’est que j’étais nulle à tous points de vue. J'ai pensé vendre mon appareil. Je ne l'ai pas fait. Mes proches m'ont remonté le moral. Elle me l'avait glissé quand je lui avait dit que j'avais  des bons retours sur mon travail : " oui enfin les proches, les amis..." 
Trois semaines plus tard j'ai décroché un lieu d'expo pour mon projet dans l'impasse. Un vrai lieu. Je suis même dans la programmation professionnelle.
Étrange non?
J'ai repensé à une histoire japonaise.
Un disciple qui voulait voir son maître est venu frapper à sa porte.
- Qui est là?
- Rinzo
- Va-t'en s'écria brutalement son maître et il accompagna le tout d'une insulte.
Rinzo s'en alla s'en comprendre et revint plusieurs  heures plus tard frapper timidement à la porte.
De nouveau le maître lui demanda:
- Qui est là?
- Rinzo
- Va t'en !
Et le maître ajouta plusieurs insultes méprisantes.
Rinzo s'en alla attristé et désemparé. Il passa toute la nuit à souffrir et à réfléchir.
Au petit matin les yeux gonflés, le cœur incertain, il alla une troisième fois frapper à la porte de son maître.
- Qui est là?
- Personne.. répondit faiblement Rinzo
- Ah Rinzo c'est toi, entre donc! répondit le maître. 

Extraite de l'excellent livre de Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs

Pour l'expo c'est par là :